Lyrisches Spiel und bezauberndes Lächeln
” En écoutant Anna Kasyan on comprend bien pourquoi le jury du prix de musique d’Osnabrück lors du concours d’ARD lui a décerné sa distinction pour l’année 2006 : grâce à sa voix de soprano de rare beauté aux contours clairs, à la fermeté de ses graves et l’éclat lumineux de ses aigus, à sa technique parfaite qui lui permet de monter et de descendre d’une allure légère et sûre les degrés des coloratures mozartiennes ainsi qu’à sa sublime musicalité, qui ne cherche pas à se mettre en avant, mais conçoit la voix comme faisant partie d’un tout.
Le morceau de bravoure de Mozart Exsultate, jubilate connaît ici une profonde intériorisation qui s’épanouit voluptueusement dans l’Alléluia. La magie de la musique fait apparaître un sourire dans ce visage aux grands yeux sombres et à nouveau s’égrènent les coloratures virtuoses. Son chant a la facilité d’un jeu, mais c’est là que s’exprime la maîtrise de cette chanteuse: chaque son est à sa place, chaque phrase mélodique se déroule avec le naturel d’une voix parfaite.
La sensibilité de son art vocal s’exprime encore mieux dans la scène de concert La Petite Sirène d’Eugène d’Albert. Un soprano léger se mêle aux sons vaporeux de l’orchestre symphonique sous la direction de Hermann Bäumer – non pas une ligne dominante, mais une nuance lyrique. Et là où Eugène d’Albert fait résonner l’éclat étincelant de l’orchestre au romantisme tardif, Anna Kasyan ajoute à la splendeur de l’orchestre l’éclat lumineux de sa voix, sans se départir de sa sensibilité car sa voix de soprano n’a nul besoin de conquérir sa place, elle la prend avec une élégante grandeur “.Osnabrück, Kultur Montag, February 2007


